Montréal 1642-1942: 29 mai 1942

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L’histoire ou l’actualité n’ont pas retenu grand-chose de la manifestation suivante des célébrations du tricentenaire de Montréal. Ainsi, le 29 mai est l’occasion d’un concert d’orgue organisé par François Hone et mettant en vedette Joseph Bonnet. L’organiste et compositeur français agence des pièces françaises et canadiennes pour former une trame qui évoque l’épopée de Ville-Marie. L’événement aurait rassemblé plus de 1500 personnes à l’église Notre-Dame et a permis de mettre en relief les oeuvres d’un certain nombre de compositeurs canadiens qui n’ont certainement plus aujourd’hui la notoriété d’alors: Alfred Whitehead, Arthur Letondal, Benoît Poirier, Frédéric Pelletier et Amédée Tremblay. Quant à Bonnet, sa présence rappelle encore et toujours l’ombre du conflit mondial, qui pèse sur les fêtes. En effet, l’organiste français était en tournée aux États-Unis avec sa famille lorsque la France est défaite en mai 1940. Il demeure donc en Amérique du Nord, où il multiplie les concerts. Sa santé se dégrade à partir de 1943 et il s’éteint l’année suivante, dans un hôtel de Sainte-Luce-sur-Mer, où il passait ses vacances.

Autrement, dans l’actualité, les fêtes du tricentenaire sont évoquées dans le cadre de la découverte de souterrains dans le Vieux Montréal. D’autres publicités nous rappellent que, parallèlement aux concerts d’orgue, des divertissements plus « populaires » sollicitent également l’attention des Montréalais…

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Montréal 1642-1942: 24 mai 1942

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En mai dernier, après avoir relaté le « moment fort » des fêtes du tricentenaire, je dois confesser que j’ai un peu laissé de côté ce projet de revisiter l’entièreté des fêtes. Une liste de choses à faire bien remplie et une vie familiale demandante m’ont amené à prioriser d’autres dossiers avant le répit tant attendu des vacances estivales. J’hésitais à revisiter la question jusqu’à ce que je sois appelé à y revenir dans le cadre de l’école d’été du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal ce lundi. Les débuts d’année académique étant propices aux bonnes intentions, j’ai décidé de m’y lancer de nouveau…

Nous revoilà donc dans une métropole sur laquelle pèse le nuage sombre de la guerre et où le comité religieux des fêtes tâche, envers et contre tous, de célébrer le tricentenaire de la fondation de Ville-Marie (et pourquoi pas relire mon introduction au projet?).

Le 24 mai, et comme ils le feront encore souvent, les organisateurs des fêtes se contentent en quelque sorte d’apposer le sceau du tricentenaire à un autre événement du calendrier nationaliste canadien-français. Il s’agit, on l’aura peut-être deviné, de la fête de Dollard des Ormeaux. La légende de Dollard, qu’a bien décrypté Patrice Groulx dans sa monographie sur le sujet, sert bien les ambitions du comité religieux des fêtes. Le valeureux guerrier et ses compagnons se seraient sacrifiés pour la salut de Ville-Marie suite à une messe où ils auraient fait le serment de protéger la cité à tout prix.

Cette fois-ci, le comité s’appuie sur l’ACJC et comme l’explique le secrétaire des fêtes:

L’année du IIIe Centenaire de Ville-Marie était toute indiquée pour donner encore plus d’ampleur à cette manifestation annuelle. Une aide substantielle de la Commission du IIIe Centenaire permit, en effet, à l’ACJC d’obtenir un succès sans précédent.

À une « Veillée d’armes » le 23 succède donc une messe pontificale et un traditionnel défilé où les onze corps de cadet de la ville sont en vedette. S’y ajoutent deux fanfares, des corps de scouts et de guides, « d’Évangélines » et de « Filles de Maisonneuve », et les habituels dignitaires laïcs et religieux. La foule compterait une dizaine de milliers de personnes et le défilé aboutit au monument de Dollard des Ormeaux devant lequel on dépose de nombreuses gerbes de fleurs.

Bonne fin de semaine!

« Humaniser » la ville (Histoire urbaine no. 48 (avril 2017)

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Un bref article, en ce début de saison estivale, pour vous signaler la parution du numéro 48 de la revue française Histoire urbaine. J’y co-dirige, avec Olivier Chatelan (Université Jean Moulin – Lyon 3), un dossier sur le thème «  »Humaniser » la ville ».

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Voici d’ailleurs un bref extrait de l’introduction:

« Humaniser » la ville : qu’est-ce à dire ? Bâtir ou aménager une ville « humaine », « plus humaine » ou « à taille humaine » constituent des ambitions revendiquées par nombre de politiques publiques d’aménagement urbain depuis quelques années. À l’échelle mondiale, l’Unesco fait de l’« humanisation » des villes contemporaines un enjeu fondamental autour de trois composantes : le droit à la ville, l’établissement de « formes participatives de gouvernance » et le développement d’une « solidarité active » [1]. Le projet est donc à situer au-delà du seul cadre de l’urbanisme comme discipline : il engagerait la cité autant que la ville, le « vivre ensemble » autant qu’un art de bâtir. Cette dimension politique a pu servir de caution morale ou idéologique, variable selon les lieux et les périodes. La justification d’une rénovation urbaine ne s’appuie-t-elle pas parfois sur la dénonciation d’un quartier ou d’un îlot « déshumanisé » ? En Amérique du Nord, par exemple, cet argumentaire aura été déployé non seulement pour justifier la destruction de quartiers populaires considérés comme irrécupérables dans les années 1960, mais également pour appuyer la démolition, dans les années 1990 et 2000, de certains grands ensembles résidentiels qui avaient été construits pour les remplacer, comme le complexe Cabrini-Green à Chicago [2]. L’idée d’« humaniser » la ville se profile également derrière les différentes déclinaisons du processus de suburbanisation, et tout particulièrement les projets associés plus récemment au « New Urbanism », comme la communauté planifiée de Seaside en Floride [3]. En interrogeant le caractère d’évidence d’une notion socialement construite, l’historicisation de cette expression dans le champ de l’histoire urbaine contemporaine n’est donc pas une entreprise inutile.

[1] UNESCO, « Déclaration d’Istanbul sur les établissements humains », Rapport de la Conférence des Nations Unies sur les établissements humaines (Habitat II), juin 1996.
[2] Brian J. Miller, « The Struggle Over Redevelopment at Cabrini-Green, 1989-2004 », Journal of Urban History, 34,6 (septembre 2008), p. 944-960.
[3] Emily Talen, « Affordability in New Urbanist Development : Principle, Practice, and Strategy », Journal of Urban Affairs, 32, 4 (octobre 2010), p. 489-510.

Montréal 1642-1942: 18 mai 1942

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Le lendemain des grandes fêtes relieuses du 17 mai, au petit matin, les autorités civiles, soit le maire Raynault, les maires des différentes municipalités de l’île de Montréal et les présidents des différentes associations montréalaises attachées aux fêtes, se réunissent à la Place d’Armes et entonnent le «Ô Canada » devant le monument à de Maisonneuve. Malgré la prédominance des organisations francophones, on retrouve des représentants anglophones d’instances comme l’Université McGill, le Montreal Board of Trade, la St. Patrick’s Society of Montreal et le B’Nai B’rith. C’est une des seules fois où un ensemble aussi diversifié d’acteurs sera réuni.

Après une courte réception à l’hôtel de ville, un cortège à cheval transporte le maire, les membres du comité des fêtes du tricentenaire et une soixantaine d’invités à travers la ville. Le groupe visitera six congrégations religieuses ayant joué un rôle clé dans le développement de la ville pour leur offrir ses hommages. Il s’agit des Soeurs Hospitalières de l’Hôtel-Dieu, des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, des Pères Franciscains, des Soeurs Grises, des Jésuites et des Sulpiciens. Au même moment, plus de 5000 citoyens de la ville participent, encadrés par des guides, à un grand « pèlerinage historique » qui les conduit, à travers les rues du Vieux Montréal, d’un site historique à l’autre.

En fin de soirée, de nouvelles manifestations musicales ont lieu. Dans le parc du mont Royal, la fanfare des Grenadiers Guards reprend du service pour le grand public, alors que les invités d’honneur de la CTCM assistent à un concert plus classique au Forum.

Montréal 1642-1942: 17 mai 1942

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Fêtes religieuses du 17 mai dans le parc du mont Royal (source: archives de la Ville de Montréal)

Le 17 mai représente indiscutablement le moment fort des fêtes de 1942 pour les nombreux acteurs religieux qui s’y sont engagés suite à la débâcle des fêtes prévues à l’origine par le comité civil. Je me permets donc d’y aller d’un texte un peu plus long et pour lequel je m’inspire de ce que j’ai écrit, il y a déjà belle lurette, dans mon mémoire de maîtrise sur le sujet. En cette journée du tricentenaire de la fondation de Montréal par Paul Chomedey de Maisonneuve, une grande messe à ciel ouvert est célébrée dans le parc du mont Royal.

Soulignons premièrement l’importance symbolique que revêt le lieu choisi par les organisateurs : le parc, appelé officiellement à l’époque « parc Mont-Royal », représente un point de rencontre et de conflit entre les communautés francophone et anglophone de l’île de Montréal. Longtemps appelé par ces derniers « Fletcher’s Field », il devient objet de contestation quand, au début du XXe siècle, différentes organisations religieuses commencent à faire pression sur les autorités municipales pour obtenir le changement de ce nom pour quelque chose de «plus catholique». L’appellation de «parc Jeanne-Mance » est suggérée en 1910 lors du Congrès eucharistique de Montréal. Vers 1940, elle s’est imposée dans la communauté francophone même si elle n’est pas encore officiellement consacrée.

À l’occasion des fêtes du tricentenaire, l’idée de rendre la chose officielle revient sur la scène et plusieurs éditoriaux de La Presse et du Devoir soulignent la nécessité de s’approprier culturellement ce lieu symbolique et d’en faire, si possible, un mémorial à la fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Bref, le choix du parc du mont Royal par les organisateurs des cérémonies religieuses du tricentenaire est loin d’être innocent.

Cette cérémonie se veut un rappel de la première messe à laquelle assistaient les héros à l’origine de la ville. La température menaçante que l’on rapporte cette journée-là n’empêche pas une foule de cinquante mille personnes de se réunir dans le parc plus d’une heure avant le début de la messe. D’importantes estrades sont érigées pour accueillir la foule. Au centre du parc, un autel est préparé et s’élève, visible à tous. Centre du culte catholique et de la cérémonie rituelle à venir, on l’a décoré de draperies blanches et bleues frappées de fleurs de lys. Ajoutons aux draperies la présence d’oriflammes marquées des mêmes symboles tout autour de l’autel. De nombreuses gerbes de fleurs décorent les estrades et le site en général. Comme le souligne J.-P. Héroux dans son compte rendu des fêtes : « Le Comité des Fêtes religieuses a prévu dans tous ses détails, l’organisation d’une cérémonie aussi remplie de magnificence qu’elle promettait d’être fertile en salutaires effets. »

L’apparence du site est intimement liée à la bonne transmission des « salutaires effets ». On double l’aménagement du site de micros et de haut-parleurs : la messe sera retransmise sur les ondes de Radio-Canada et bénéficiera ainsi d’une puissance de diffusion encore nouvelle à l’époque.

La cérémonie commence à dix heures trente. Sur l’estrade centrale ont pris place les dignitaires laïques invités à la fête. On y retrouve des politiciens, des magistrats et des membres de l’élite économique. À l’exception de Henry G. Birks, du comité exécutif de la ville, il s’agit exclusivement de francophones. Tout au long des fêtes du tricentenaire, on ne retrouve pas d’hostilité entre les deux communautés culturelles dominantes sur l’île. Toutefois, de par sa nature, la messe exclut ceux qui ne sont pas catholiques, donc la majeure partie des élites anglophones. Il s’agit clairement d’une fête «de famille ». Aux premiers rangs, on retrouve d’ailleurs des membres des diverses communautés religieuses de la ville ainsi que les corps de cadets de différentes écoles.

Un cortège, où prennent place les dignitaires ecclésiastiques qui présideront au cérémonial, se forme et se dirige vers le centre du parc. La foule s’agenouille au passage de ce défilé constitué d’une partie importante de l’élite religieuse de l’époque. Deux figures y tiennent une importance particulière. En premier lieu, le cardinal Villeneuve, arrivé la veille en train. Il préside la messe de cette journée de mai et représente le lien qu’entretient alors la communauté à l’Église de Rome. Ce lien est encore plus clair chez le deuxième clerc en importance dans ces cérémonies : le délégué apostolique, monseigneur Ildebrando Antoniutti, l’émissaire du pape Pie XII au Canada durant cette période. Une fois la lecture de l’Évangile terminée, c’est le Délégué apostolique qui lit à la foule un message du pape. On peut résumer les propos dans cette déclaration: «Enflammés effectivement et ayant la ferme volonté d’agir, qu’ils rejettent tout ce qui n’est pas en accord avec la sagesse chrétienne, qu’ils embrassent avec générosité tout ce qui lui est conforme, de sorte que tant les mœurs de chacun que les institutions publiques soient pénétrées et imprégnées de la sève vitale évangélique, seule cause de notre salut. »

La lettre du pape est accompagnée d’un don : un calice confié à l’archidiocèse de Montréal et orné d’icônes religieuses. On y retrouve bien entendu les visages du Christ et de la Vierge, mais aussi des symbole plus évocateurs des spécificités canadiennes-françaises. La coupe du calice est en forme de cloche, des vignes et des tiges de blé entrelacées, qui rappellent la vocation agricole et rurale de la société canadienne-française, constituent la colonne qui la supportent. Autour de cette colonne tournent des arceaux ornés de feuilles d’érable, autre symbole associé, du moins à l’époque, aux Canadiens français. Sur la base de la coupe, on retrouve la silhouette de la ville, nouvelle et ancienne, ainsi que la Sainte Famille, à laquelle elle est consacrée.

Le discours du délégué apostolique est suivi d’une allocution de l’archevêque de Montréal. Il y souligne le développement de la ville de Montréal depuis la fondation et sa fidélité soutenue à sa vocation missionnaire. On expose le Très Saint- Sacrement et la foule demeure en prière, chantant hymnes et cantiques. Dans l’après- midi, une procession à travers la ville viendra compléter le rituel.

À défaut de démontrer qu’il y a une réception parfaite des valeurs et des messages qui y sont transmis, l’assistance qui se déplace pour assister à cette messe prouve que les symboles déployés ont encore une certaine résonance durant cette période troublée de l’histoire. On tente en quelque sorte de se ressourcer à un moment premier, rejoué lors d’une messe à ciel ouvert. On retourne à un passé empreint de légendaire et à une île de Montréal presque vierge où quelques courageux colons, sous la tutelle de clercs et de nobles, élevèrent un établissement colonial destiné à christianiser les « païens » d’Amérique du Nord. On se réfère à un moment idéal qui appartient au mythe. On retourne à un moment où il n’y a pas de conflits dans la communauté, où elle se consacre toute entière à sa prospérité matérielle et morale mais surtout, à un moment auquel chacun peut s’identifier.

Montréal 1642-1942: 16 mai 1942

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On l’attendait impatiemment. Et bien, voilà qu’arrive enfin à Montréal son Éminence le cardinal Rodrigue Villeneuve. Malgré ses ressources limitées, le comité du tricentenaire n’a pas lésiné sur les moyens pour accueillir le prélat, ce dont rend compte l’ouvrage commémoratif du comité des fêtes (contrairement aux journaux de l’époque qui accordent une visibilité plus restreinte à l’événement, comme en témoigne ce petit article de La Patrie).

Villeneuve arrive en train à la gare Windsor, où l’attend tout un assortiment de dignitaires civiles et religieux, de nombreux membres du comité des fêtes du tricentenaire et une foule visiblement assez nombreuse. Ces invités d’honneur iront tous rendre hommage au cardinal (s’agenouillant devant lui et baisant sa bague), une cérémonie que l’on devine assez longue. C’est près du monument dédié aux morts de la Première Guerre mondiale qu’ira s’asseoir Villeneuve pour écouter l’allocution de bienvenue du maire Adhémar Raynault. Le maire n’a visiblement pas une formation d’historien, puisqu’il affirmera que « depuis trois cents ans, rien n’a changé dans les relations entre les autorités civiles et religieuses [de Montréal] »…

Villeneuve y va d’une réponse qui se veut d’abord personnelle, évoquant son enfance dans la métropole, mais qui revient tout de même assez rapidement à la traditionnelle évocation des héros au destin surnaturel qui fondèrent Ville-Marie. J’assume qu’à ce stade-ci, vous connaissez un peu la suite.

C’est aux cris de « Vive le Pape! » et « Vive le cardinal! » que Villeneuve quitte la gare dans une voiture précédée d’une fanfare et des cadets du Mont-Saint-Louis pour gagner la basilique-cathédrale où l’attend Mgr Joseph Charbonneau. Les préparatifs vont alors bon train pour la grande messe qui aura lieu le lendemain.

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Montréal 1642-1942: 11-15 mai 1942

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En attendant l’arrivée à Montréal du cardinal Villeneuve, le 16 mai, arrivée qui marquera le début des grandes fêtes de mai, trois événements mineurs s’ajoutent au calendrier des fêtes du tricentenaire de Montréal.

D’abord, le 11 mai 1942 a lieu, au Monument national, une grande soirée artistique organisée par le comité des loisirs de la Société Saint-Jean-Baptiste et qui est placée sous l’égide des fêtes du tricentenaire. D’après Lucien Desbiens, du Devoir: « Le succès fut splendide, tant par l’auditoire qui remplissait à capacité la vaste salle de la Saint-Jean-Baptiste que par le talent et la préparation de la plupart des interprètes… Cette soirée qui s’est déroulée dans une salle décorée avec goût aux couleurs mariales du IIIe Centenaire, est l’une des manifestations importantes de 1942 – date chère entre toutes aux Montréalais de naissance ou d’adoption. »

Ensuite, les 11, 13 et 15 mai a lieu le Gala du Printemps, un événement organisé par la Société des Concerts Symphoniques de Montréal à l’Auditorium du Plateau. Ces trois concerts donnés en hommage au tricentenaire mettent en vedette le pianiste Rudolf Serkin, la Chorale des Disciples de Massenet, celle de l’Église du Très Saint Rédempteur et celle de la Cathédrale Russe de Saint-Pierre et de Saint-Paul.

Enfin, la journée du 13 mai est choisie comme Journée du Troisième Centenaire dans les écoles catholiques de Montréal. Durant l’avant-midi, les élèves sont conviés à une messe d’action de grâce, alors que l’après-midi est consacré à différentes activités culturelles (chants, récitations, sketches, débats, etc.). Le secrétaire des fêtes note que les « directeurs et directrices de nos écoles ont fait tenir à la Commission des écoles les programmes de cette journée. Ils sont gardés précieusement, pour l’édification de ceux qui, un jour, s’intéresseront d’écrire l’histoire de notre Commission scolaire ». Historiens, tenez-vous le pour dit! Le secrétaire Héroux, qui a parcouru ces programmes, met en relief leur grande diversité.

Il revient également sur les préparatifs tout de même importants qui ont précédé, malgré des moyens limités, cette journée dans les différentes écoles de l’île. Les exemples de sujets dont il a été alors question ne devrait pas surprendre: « les fondateurs de Montréal, la première messe, ou encore la Société Saint-Jean-Baptiste, l’ACJC, etc. ». Cela dit, ces activités auraient également été l’occasion, pour les élèves, de faire l’histoire de leur école et de leur quartier, ce qui n’est pas rien.

En attendant le cardinal Villeneuve, je vous laisse sur ce sympathique petit texte de Peter Wheeland sur le 375e…