Montréal 1642-1942: 18 mai 1942

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Le lendemain des grandes fêtes relieuses du 17 mai, au petit matin, les autorités civiles, soit le maire Raynault, les maires des différentes municipalités de l’île de Montréal et les présidents des différentes associations montréalaises attachées aux fêtes, se réunissent à la Place d’Armes et entonnent le «Ô Canada » devant le monument à de Maisonneuve. Malgré la prédominance des organisations francophones, on retrouve des représentants anglophones d’instances comme l’Université McGill, le Montreal Board of Trade, la St. Patrick’s Society of Montreal et le B’Nai B’rith. C’est une des seules fois où un ensemble aussi diversifié d’acteurs sera réuni.

Après une courte réception à l’hôtel de ville, un cortège à cheval transporte le maire, les membres du comité des fêtes du tricentenaire et une soixantaine d’invités à travers la ville. Le groupe visitera six congrégations religieuses ayant joué un rôle clé dans le développement de la ville pour leur offrir ses hommages. Il s’agit des Soeurs Hospitalières de l’Hôtel-Dieu, des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, des Pères Franciscains, des Soeurs Grises, des Jésuites et des Sulpiciens. Au même moment, plus de 5000 citoyens de la ville participent, encadrés par des guides, à un grand « pèlerinage historique » qui les conduit, à travers les rues du Vieux Montréal, d’un site historique à l’autre.

En fin de soirée, de nouvelles manifestations musicales ont lieu. Dans le parc du mont Royal, la fanfare des Grenadiers Guards reprend du service pour le grand public, alors que les invités d’honneur de la CTCM assistent à un concert plus classique au Forum.

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Montréal 1642-1942: 17 mai 1942

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Fêtes religieuses du 17 mai dans le parc du mont Royal (source: archives de la Ville de Montréal)

Le 17 mai représente indiscutablement le moment fort des fêtes de 1942 pour les nombreux acteurs religieux qui s’y sont engagés suite à la débâcle des fêtes prévues à l’origine par le comité civil. Je me permets donc d’y aller d’un texte un peu plus long et pour lequel je m’inspire de ce que j’ai écrit, il y a déjà belle lurette, dans mon mémoire de maîtrise sur le sujet. En cette journée du tricentenaire de la fondation de Montréal par Paul Chomedey de Maisonneuve, une grande messe à ciel ouvert est célébrée dans le parc du mont Royal.

Soulignons premièrement l’importance symbolique que revêt le lieu choisi par les organisateurs : le parc, appelé officiellement à l’époque « parc Mont-Royal », représente un point de rencontre et de conflit entre les communautés francophone et anglophone de l’île de Montréal. Longtemps appelé par ces derniers « Fletcher’s Field », il devient objet de contestation quand, au début du XXe siècle, différentes organisations religieuses commencent à faire pression sur les autorités municipales pour obtenir le changement de ce nom pour quelque chose de «plus catholique». L’appellation de «parc Jeanne-Mance » est suggérée en 1910 lors du Congrès eucharistique de Montréal. Vers 1940, elle s’est imposée dans la communauté francophone même si elle n’est pas encore officiellement consacrée.

À l’occasion des fêtes du tricentenaire, l’idée de rendre la chose officielle revient sur la scène et plusieurs éditoriaux de La Presse et du Devoir soulignent la nécessité de s’approprier culturellement ce lieu symbolique et d’en faire, si possible, un mémorial à la fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Bref, le choix du parc du mont Royal par les organisateurs des cérémonies religieuses du tricentenaire est loin d’être innocent.

Cette cérémonie se veut un rappel de la première messe à laquelle assistaient les héros à l’origine de la ville. La température menaçante que l’on rapporte cette journée-là n’empêche pas une foule de cinquante mille personnes de se réunir dans le parc plus d’une heure avant le début de la messe. D’importantes estrades sont érigées pour accueillir la foule. Au centre du parc, un autel est préparé et s’élève, visible à tous. Centre du culte catholique et de la cérémonie rituelle à venir, on l’a décoré de draperies blanches et bleues frappées de fleurs de lys. Ajoutons aux draperies la présence d’oriflammes marquées des mêmes symboles tout autour de l’autel. De nombreuses gerbes de fleurs décorent les estrades et le site en général. Comme le souligne J.-P. Héroux dans son compte rendu des fêtes : « Le Comité des Fêtes religieuses a prévu dans tous ses détails, l’organisation d’une cérémonie aussi remplie de magnificence qu’elle promettait d’être fertile en salutaires effets. »

L’apparence du site est intimement liée à la bonne transmission des « salutaires effets ». On double l’aménagement du site de micros et de haut-parleurs : la messe sera retransmise sur les ondes de Radio-Canada et bénéficiera ainsi d’une puissance de diffusion encore nouvelle à l’époque.

La cérémonie commence à dix heures trente. Sur l’estrade centrale ont pris place les dignitaires laïques invités à la fête. On y retrouve des politiciens, des magistrats et des membres de l’élite économique. À l’exception de Henry G. Birks, du comité exécutif de la ville, il s’agit exclusivement de francophones. Tout au long des fêtes du tricentenaire, on ne retrouve pas d’hostilité entre les deux communautés culturelles dominantes sur l’île. Toutefois, de par sa nature, la messe exclut ceux qui ne sont pas catholiques, donc la majeure partie des élites anglophones. Il s’agit clairement d’une fête «de famille ». Aux premiers rangs, on retrouve d’ailleurs des membres des diverses communautés religieuses de la ville ainsi que les corps de cadets de différentes écoles.

Un cortège, où prennent place les dignitaires ecclésiastiques qui présideront au cérémonial, se forme et se dirige vers le centre du parc. La foule s’agenouille au passage de ce défilé constitué d’une partie importante de l’élite religieuse de l’époque. Deux figures y tiennent une importance particulière. En premier lieu, le cardinal Villeneuve, arrivé la veille en train. Il préside la messe de cette journée de mai et représente le lien qu’entretient alors la communauté à l’Église de Rome. Ce lien est encore plus clair chez le deuxième clerc en importance dans ces cérémonies : le délégué apostolique, monseigneur Ildebrando Antoniutti, l’émissaire du pape Pie XII au Canada durant cette période. Une fois la lecture de l’Évangile terminée, c’est le Délégué apostolique qui lit à la foule un message du pape. On peut résumer les propos dans cette déclaration: «Enflammés effectivement et ayant la ferme volonté d’agir, qu’ils rejettent tout ce qui n’est pas en accord avec la sagesse chrétienne, qu’ils embrassent avec générosité tout ce qui lui est conforme, de sorte que tant les mœurs de chacun que les institutions publiques soient pénétrées et imprégnées de la sève vitale évangélique, seule cause de notre salut. »

La lettre du pape est accompagnée d’un don : un calice confié à l’archidiocèse de Montréal et orné d’icônes religieuses. On y retrouve bien entendu les visages du Christ et de la Vierge, mais aussi des symbole plus évocateurs des spécificités canadiennes-françaises. La coupe du calice est en forme de cloche, des vignes et des tiges de blé entrelacées, qui rappellent la vocation agricole et rurale de la société canadienne-française, constituent la colonne qui la supportent. Autour de cette colonne tournent des arceaux ornés de feuilles d’érable, autre symbole associé, du moins à l’époque, aux Canadiens français. Sur la base de la coupe, on retrouve la silhouette de la ville, nouvelle et ancienne, ainsi que la Sainte Famille, à laquelle elle est consacrée.

Le discours du délégué apostolique est suivi d’une allocution de l’archevêque de Montréal. Il y souligne le développement de la ville de Montréal depuis la fondation et sa fidélité soutenue à sa vocation missionnaire. On expose le Très Saint- Sacrement et la foule demeure en prière, chantant hymnes et cantiques. Dans l’après- midi, une procession à travers la ville viendra compléter le rituel.

À défaut de démontrer qu’il y a une réception parfaite des valeurs et des messages qui y sont transmis, l’assistance qui se déplace pour assister à cette messe prouve que les symboles déployés ont encore une certaine résonance durant cette période troublée de l’histoire. On tente en quelque sorte de se ressourcer à un moment premier, rejoué lors d’une messe à ciel ouvert. On retourne à un passé empreint de légendaire et à une île de Montréal presque vierge où quelques courageux colons, sous la tutelle de clercs et de nobles, élevèrent un établissement colonial destiné à christianiser les « païens » d’Amérique du Nord. On se réfère à un moment idéal qui appartient au mythe. On retourne à un moment où il n’y a pas de conflits dans la communauté, où elle se consacre toute entière à sa prospérité matérielle et morale mais surtout, à un moment auquel chacun peut s’identifier.

Montréal 1642-1942: 16 mai 1942

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On l’attendait impatiemment. Et bien, voilà qu’arrive enfin à Montréal son Éminence le cardinal Rodrigue Villeneuve. Malgré ses ressources limitées, le comité du tricentenaire n’a pas lésiné sur les moyens pour accueillir le prélat, ce dont rend compte l’ouvrage commémoratif du comité des fêtes (contrairement aux journaux de l’époque qui accordent une visibilité plus restreinte à l’événement, comme en témoigne ce petit article de La Patrie).

Villeneuve arrive en train à la gare Windsor, où l’attend tout un assortiment de dignitaires civiles et religieux, de nombreux membres du comité des fêtes du tricentenaire et une foule visiblement assez nombreuse. Ces invités d’honneur iront tous rendre hommage au cardinal (s’agenouillant devant lui et baisant sa bague), une cérémonie que l’on devine assez longue. C’est près du monument dédié aux morts de la Première Guerre mondiale qu’ira s’asseoir Villeneuve pour écouter l’allocution de bienvenue du maire Adhémar Raynault. Le maire n’a visiblement pas une formation d’historien, puisqu’il affirmera que « depuis trois cents ans, rien n’a changé dans les relations entre les autorités civiles et religieuses [de Montréal] »…

Villeneuve y va d’une réponse qui se veut d’abord personnelle, évoquant son enfance dans la métropole, mais qui revient tout de même assez rapidement à la traditionnelle évocation des héros au destin surnaturel qui fondèrent Ville-Marie. J’assume qu’à ce stade-ci, vous connaissez un peu la suite.

C’est aux cris de « Vive le Pape! » et « Vive le cardinal! » que Villeneuve quitte la gare dans une voiture précédée d’une fanfare et des cadets du Mont-Saint-Louis pour gagner la basilique-cathédrale où l’attend Mgr Joseph Charbonneau. Les préparatifs vont alors bon train pour la grande messe qui aura lieu le lendemain.

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Montréal 1642-1942: 11-15 mai 1942

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En attendant l’arrivée à Montréal du cardinal Villeneuve, le 16 mai, arrivée qui marquera le début des grandes fêtes de mai, trois événements mineurs s’ajoutent au calendrier des fêtes du tricentenaire de Montréal.

D’abord, le 11 mai 1942 a lieu, au Monument national, une grande soirée artistique organisée par le comité des loisirs de la Société Saint-Jean-Baptiste et qui est placée sous l’égide des fêtes du tricentenaire. D’après Lucien Desbiens, du Devoir: « Le succès fut splendide, tant par l’auditoire qui remplissait à capacité la vaste salle de la Saint-Jean-Baptiste que par le talent et la préparation de la plupart des interprètes… Cette soirée qui s’est déroulée dans une salle décorée avec goût aux couleurs mariales du IIIe Centenaire, est l’une des manifestations importantes de 1942 – date chère entre toutes aux Montréalais de naissance ou d’adoption. »

Ensuite, les 11, 13 et 15 mai a lieu le Gala du Printemps, un événement organisé par la Société des Concerts Symphoniques de Montréal à l’Auditorium du Plateau. Ces trois concerts donnés en hommage au tricentenaire mettent en vedette le pianiste Rudolf Serkin, la Chorale des Disciples de Massenet, celle de l’Église du Très Saint Rédempteur et celle de la Cathédrale Russe de Saint-Pierre et de Saint-Paul.

Enfin, la journée du 13 mai est choisie comme Journée du Troisième Centenaire dans les écoles catholiques de Montréal. Durant l’avant-midi, les élèves sont conviés à une messe d’action de grâce, alors que l’après-midi est consacré à différentes activités culturelles (chants, récitations, sketches, débats, etc.). Le secrétaire des fêtes note que les « directeurs et directrices de nos écoles ont fait tenir à la Commission des écoles les programmes de cette journée. Ils sont gardés précieusement, pour l’édification de ceux qui, un jour, s’intéresseront d’écrire l’histoire de notre Commission scolaire ». Historiens, tenez-vous le pour dit! Le secrétaire Héroux, qui a parcouru ces programmes, met en relief leur grande diversité.

Il revient également sur les préparatifs tout de même importants qui ont précédé, malgré des moyens limités, cette journée dans les différentes écoles de l’île. Les exemples de sujets dont il a été alors question ne devrait pas surprendre: « les fondateurs de Montréal, la première messe, ou encore la Société Saint-Jean-Baptiste, l’ACJC, etc. ». Cela dit, ces activités auraient également été l’occasion, pour les élèves, de faire l’histoire de leur école et de leur quartier, ce qui n’est pas rien.

En attendant le cardinal Villeneuve, je vous laisse sur ce sympathique petit texte de Peter Wheeland sur le 375e…

Montréal 1642-1942: 3 mai 1942

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Le mois de mai 1942 sera le temps fort du tricentenaire de Montréal. Ce sont dans les activités prévues ce mois-là que les organisateurs investiront le gros de leurs maigres ressources pour souligner l’anniversaire de la ville. Elles s’ouvrent le 3, à l’église Notre-Dame-des-Victoires. Comme auparavant, la dimension religieuse des fêtes et le souvenir de la Ville-Marie coloniale et missionnaire en mènent large. Et ce jour-là, c’est la Vierge qui domine la scène.

Pour l’occasion, la rue Lacordaire et les demeures qui se trouvent à proximité ont été décorées, incluant un arc de verdure dans lequel est enchâssée une statue de la Vierge. Des hauts-parleurs ont également été installés de manière à retransmettre la musique de l’orgue de l’église et les discours à venir. Près des portes se trouve l’habituel mélange de dignitaires civils et religieux, incluant le maire Raynault et l’archevêque Joseph Charbonneau. Différentes congrégations consacrées à la Sainte Vierge sont présentes, portant leurs bannières. Le corps de cadet de l’école Chomedey de Maisonneuve est également présent.

Une sonnerie de clairon marque l’ouverture de la cérémonie et, des portes latérales de l’église, émergent de nombreux « anges » habillés de blanc et de bleu qui iront prendre place sur le parvis de l’église, pour y dessiner un grand M. Une actrice incarnant la Vierge les suit et va prendre place sur un trône. Deux des « anges » lui présentent des globes terrestres sur lesquels elle indique, à l’aide d’une baguette, la position de la métropole. Un héraut appelle alors des acteurs prenant le rôle des fondateurs de Montréal, qui viennent rendre hommage à la Vierge.

Une procession se met alors en branle et parcoure les rues avoisinantes, portant la statue de Notre-Dame-des-Victoires sur un brancard. Prières et chants de louanges à la Vierge ponctuent la procession. De retour à l’église, c’est le père oblat Henri Matte qui offrira aux spectateurs un sermon intitulé « La Sainte Vierge aux origines de Montréal ».

De nouveau est offert à la foule le récit mystique des origines de la ville, mettant en vedette Le Royer de la Dauversière, Olier et de Maisonneuve, avec Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys dans les rôles de soutien. Cela dit, c’est la Providence qui est, au final, l’instigatrice du projet dans le récit que propose Matte, de la Dauversière ayant une vision de la Sainte Famille dans l’église Notre-Dame de Paris en 1639, vision suite à laquelle il fut « inondé de nouvelles lumières sur la région et la nature de l’Île de Montréal, et il connut toutes les personnes qui devaient l’assister dans cette gigantesque entreprise ». Matte poursuivra son sermon, liant chacun des fondateurs de la ville à une apparition ou à une révélation qu’il associera à la Vierge.

« Comment oserait-on douter d’événements aussi manifestement surnaturels qui ont eu leur éclatante confirmation dans la suite, au cours de notre glorieuse histoire. » La question, évidemment, est rhétorique.

Les commémorations du tricentenaire de Montréal demeurent ainsi centrées sur ce récit de la fondation mystique de Montréal, ou plutôt de Ville-Marie, ignorant largement ses trois siècles d’histoire. C’est seulement en conclusion que le présent refait brutalement surface, alors que dans « une chaude improvisation, Son Excellence Monseigneur l’Archevêque incite fortement les assistants à prier avec ferveur, à implorer la Vierge protectrice de nous accorder la victoire sur les ennemis de l’Église et sur ceux de notre âme ».

La guerre se poursuit et n’épargne même pas l’auguste figure du maire Raynault…

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Montréal 1642-1942: 1er mai 1942

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La France est-elle en train « de se refaire » comme l’annonce alors La Patrie? C’est probablement ce qu’espère le « jeune poète canadien-français de renom » Roger Brien, qui est récompensé le 1er mai 1942 par Mgr. Olivier Maurault pour son poème « Prière de Marie des Neiges à Notre-Dame de Montréal » dans le cadre du concours littéraire organisé par l’Institut scientifique Franco-Canadien à l’occasion des fêtes du tricentenaire. Le poème se veut un hommage senti à la vieille métropole. Un petit extrait?

Demain… les doigts magiques de la France,

Sèmeront

Des chapelets de feu, dans cet espace immense,

Demain, le paysage, aux yeux chargés d’aurores,

Regardera monter le défilé chrétien.

Je me souviens.

Monsieur Brien s’est mérité un prix de 200$. Le concours artistique, lui, est prolongé jusqu’au 15 octobre… Je vous rassure, les « vrais » fêtes commenceront bientôt.

Montréal 1642-1942: 27 avril 1942

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Au lendemain du plébiscite relatif à la conscription, j’imagine qu’on peut difficilement reprocher à La Patrie d’ignorer une autre des manifestations des fêtes du tricentenaire, surtout que son lien à la fondation de Montréal est assez ténu. Ainsi, c’est le jour même du référendum que s’ouvre dans la métropole le Congrès des chambres de commerce des jeunes. Parmi les conférences et causeries qui occupent les congressistes, mentionnons celle de Mgr Olivier Maurault, intitulée « Des Agneaux et des Loups: Québécois et Montréalais ». Le secrétaire du comité des fêtes, Jean-P. Héroux explique que Maurault « s’est plus à mettre en lumière, de façon spirituelle [!], la rivalité qui a toujours existé entre les deux grandes villes du fleuve ». J’avoue que Maurault conclut son exposé sur une bonne blague: « le meilleur souvenir que Mgr Vanutelli, de son propre aveu, avait gardé de Congrès Eucharistique de Montréal en 1910, c’était son arrivée… à Québec ».