« Histories of Urban Animals in Canada »

Library of Congress LC-D401-13645 DLC -- Dead Horse Surrounded by Children on NYC street
Library of Congress LC-D401-13645 DLC — Dead Horse Surrounded by Children on NYC street

Voici un appel de proposition sur un sujet d’histoire urbaine que j’aime bien: la faune urbaine, dans le sens littéral de l’expression.

Call for Papers
Histories of Urban Animals in Canada

Beaver. Moose. Caribou. Think ‘animal’ in Canada, and these and other iconic creatures of the Canadian wilderness are sure to come to the forefront.  Yet Canada has become increasingly urban since Confederation, to the point that more than 80% of the population today is considered to
live in an urban setting. And that longstanding urban identity has shaped profoundly the material and cultural contexts of human-non-human animal relations.

In light of this, we are seeking contributions to an edited collection that explores the history of animals in urban Canada, be it from an environmental, cultural, or critical animal studies approach or from another perspective. We are particularly interested in contributions that deal with British Columbia, Atlantic and northern Canada. If you are
working on the history of urban animals and are interested in contributing to this project, please contact Joanna Dean (Joanna_Dean@Carleton.ca); Darcy Ingram (dingram@uottawa.ca), or Christabelle Sethna
(Christabelle.Sethna@uottawa.ca), preferably before 7 October 2013.

Il y a de belles contributions de l’historienne Sabine Barles sur le sujet, par exemple:

BARLES, S. « Undesirable nature : Animals, resources and urban nuisance in nineteenth century Paris », p. 173-187, in : ATKINS, P. J. (éd.). Animal cities. Beastly urban histories. Aldershot : Ashgate. 2012. 279 p.

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Valdombre et la croix de Duplessis

Valdombre

Le débat sur la charte de la laïcité ou des valeurs québécoises que prépare le gouvernement Marois est complexe et occupera probablement l’espace public encore un temps, mobilisant politiciens, citoyens et intellectuels. Un aspect du débat me laisse particulièrement perplexe: l’attachement apparent de plusieurs intervenants pour ce crucifix qui trône au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale. Comme le soulignait Bernard Descôteaux dans un récent éditorial de Devoir: « Ce n’est pas un simple élément d’un décor historique. C’est sous le regard de ce crucifix, qui est le symbole de l’Église catholique, que les lois qui nous régissent sont adoptées. » Mais, même comme élément d’un décor historique, sa présence a quelque chose d’incongru.

Il faut rappeler que l’ajout de ce crucifix est relativement récent: c’est le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis qui l’installe là en 1936, et ce n’était certainement pas par piété. D’ailleurs, Duplessis et son gouvernement seront, peu après l’installation de ce symbole, la cible d’une féroce attaque du pamphlétaire Valdombre (alias Claude-Henri Grignon).

Dans le deuxième numéro des Pamphlets de Valdombre (janvier 1937), Grignon signe un texte intitulé « Le Christ à Québec » dans lequel ce fervent catholique dénonce vertement l’opportunisme du gouvernement Duplessis. Toujours divertissant, Valdombre n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Ah! mes bons petits frères, M. Duplessis veut montrer son catholicisme. Eh bien! je vais lui en parler du catholicisme. Ce sera plus embarrassant pour lui que pour moi.

Je lui dirai d’abord que le crucifix accroché au mur d’une assemblée législative, où l’on n’a jamais légiféré autrement que dans le sens de leurrer d’égorger le pauvre peuple; je lui dirai que son crucifix me paraît « bon marché ». Un peuple franchement catholique, c’est-à-dire détaché des bien terrestres et capable encore de sortir ses piastres, que le terrible Papini appelait « l’excrément du démon », pourrait faire davantage. En face des provinces protestantes, M. Duplessis aurait dû témoigner pour Jésus et faire preuve d’un catholicisme plus vrai, plus ardent et plus sincère. Que n’a-t-il imposé une contribution directe d’un dollar à tout citoyen français et catholique de la province de Québec pour « l’érection d’une croix colossale en or massif du poids de deux millions de dollars? » [Grignon fait référence à un texte de Léon Bloy, cité un peu plus tôt] Je suis sérieux.

Quand on est profondément catholique, et quand, davantage, on s’est servi de la religion pour arriver à ses fins, il y a deux croix qui s’imposent sur le globe terrestre: la simple croix de bois, celle-là même, si auguste, sur laquelle expira le Sauveur du monde, et dont on retrouve la copie en miniature dans les huttes des bûcherons les plus humbles; puis, il y a la croix d’or, immense, colossale, vengeresse, écrasante, que tous les catholiques doivent payer de leurs piastres, de leur sang et de leur amour.

Duplessis n’a pas voulu y mettre le prix. Il s’est contenté d’un crucifix pas trop cher, évitant ainsi les reproches de ses électeurs, qu’il faut toujours soigner et qui comptent, pour le moins en « pleine période électorale », autant que Jésus.

Bref, même pour le catholique pour le moins radical qu’était Grignon, le geste de Duplessis relevait essentiellement de l’opportunisme politique et lui semblait de mauvais goût. Alors, pourquoi ne pas tout simplement se débarrasser du « crucifix pas trop cher » de Duplessis? Ça faciliterait certainement le débat sur la laïcité.