Passé construit et passé vécu : l’impact de Bombardier dans la construction de la mémoire collective des habitants de Valcourt de 1971 à 2003

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Usine L’Auto-Neige Bombardier Limitée, 565 de la Montagne, Valcourt, Québec, avant 1957
© Archives Musée J. Armand Bombardier

C’est avec grand plaisir que j’annonce le dépôt final du mémoire de Félix-Antoine Morin, préparé sous ma supervision et intitulé « Passé construit et passé vécu : l’impact de Bombardier dans la construction de la mémoire collective des habitants de Valcourt de 1971 à 2003 ». À l’aide de témoignages oraux, il s’est penché sur la construction de la mémoire collective des habitants de Valcourt et sur le rôle que joue, dans ce processus, l’omniprésente entreprise. Son mémoire permet de mettre à jour une identité locale où l’entreprise éclipse largement la localité comme référent.

Voici son résumé:

Ce mémoire porte sur l’influence du discours historique de Bombardier sur la mémoire collective des habitants de Valcourt de 1971 à 2003. L’importance du Musée Joseph-Armand Bombardier, principal diffuseur du discours, auprès de la population valcourtoise, illustre l’attachement identitaire des habitants à un passé qui les distingue. La fierté locale liée à l’histoire exceptionnelle de la réussite de l’entreprise Bombardier ainsi que son omniprésence dans la vie locale des Valcourtois et des Valcourtoises sont des facteurs propices à l’intégration du discours historique de la compagnie au sein de la mémoire collective. Le premier chapitre est consacré au contexte historique et historiographique dans lesquels s’intègrent notre recherche et présente la méthodologie ainsi que le cadre conceptuel utilisés. Pour analyser la réception du discours historique de Bombardier auprès de la population valcourtoise, nous nous basons sur un corpus de vingt-deux entrevues et quelques sources locales, tel que le livre du 150e anniversaire de la municipalité. Le deuxième chapitre aborde les cadres contextuels et institutionnels du discours historique afin d’évaluer l’influence de l’expansion de la compagnie à Valcourt sur l’élaboration du discours, mais également de bien comprendre le rôle du Musée Joseph-Armand Bombardier dans sa diffusion. Le Musée, inauguré en 1971 puis rénové à deux reprises en 1989 et en 2016, est un important vecteur de diffusion de la mémoire collective locale puisque les habitants accordent une grande importance aux expositions qui, grâce à des symboles comme le Ski-Doo et Joseph-Armand Bombardier, constituent une fenêtre sur leur passé. Le dernier chapitre prolonge cette réflexion et analyse le caractère indissociable de l’histoire de Valcourt et de Bombardier pour démontrer que l’omniprésence de la compagnie dans divers aspects de la vie locale jusqu’à la fin des années 1980 joue un rôle central dans la construction du rapport entre la mémoire collective des Valcourtois et des Valcourtoises et le discours historique de l’entreprise.

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Musée J. Armand Bombardier de Valcourt
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« Looking for local political relevance in the age of the welfare state » (6 avril 2018)

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Je me mets en route aujourd’hui pour la conférence annuelle du Urban History Group, qui se tient cette année à la Keele University. Le thème de la conférence est « Healthy or Unhealthy Cities? Urban environments, cultures and economies of public and private health, 1600 to the present » et j’y présenterai une communication intitulée « Looking for local political relevance in the age of the welfare state: the Union des municipalités du Québec, public health and municipal autonomy (1945-1957) ». Ce sera ma troisième participation à ces conférences annuelles qui rassemblent généralement une belle brochette de chercheurs en histoire urbaine de Grande-Bretagne et d’ailleurs. Ce sera l’occasion pour moi de présenter le résultat de mes recherches actuelles sur l’histoire de l’UMQ, et notamment sur sa contribution à la commission Tremblay.

Voici ma proposition de communication:

This paper aims to explore local governments’ struggle to maintain a significant role in social questions, like public health, during the rise of the federal welfare state.  During the interwar period, Canadian municipalities still enjoyed relative political autonomy, but had great difficulty significantly improving the urban environment and the general health of their population. With the Great Depression, the situation only worsened and the Canadian government created the Rowell-Sirois commission to investigate ways of redistributing responsibilities between levels of government to address a variety of issues, including social services and public health. The commission’s report is considered to have paved the way to the construction of the Canadian welfare state. However, health and social affairs – as well as the municipalities themselves – were provincial responsibilities and, in the 1960s and 1970s, Canadian provinces progressively took over local public health programs from the municipalities and private agencies that had overseen them in the past. In this paper, I want to explore the attempts made by municipalities to prevent this major erosion of their political autonomy and stay relevant as a level of government in questions related to public health and social services. To do so, I’ll present the case of Quebec’s provincial municipal association – the Union des municipalités de la province de Québec – and its efforts to defend its members’ role in this field. These efforts culminated in the production of an ambitious memoir submitted to a provincial commission of inquiry into the division of powers between levels of government (Tremblay Commission, 1953-56). In this context, I’ll offer an analysis of the evolving strategies used by the organization and measure its degree of success in a political environment where, more and more, the municipalities are considered as incompetent in affairs of health and social services.