Montréal 1642-1942: 16-17-18 avril 1942

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Le Comité Missionnaire des Fêtes Religieuses du Troisième Centenaire ayant décidé, pour sa part, de rappeler aux Montréalais l’histoire de leur ville et du dessein merveilleux qui a présidé à sa fondation, le sujet était tout choisi pour tenter une âme d’apôtre et de poète. Aussi le Comité s’adressa-t-il à l’abbé Fernand Schetagne, prêtre des missions-étangères, pour qu’il présentât, d’une façon saisissante, aux habitants de Ville-Marie, le tableau de leur véritables origines.

Et oui, les fêtes du tricentenaire reprennent après une pause de plusieurs semaines. « La Folle Aventure », telle est le « spectacle historique et missionnaire en 7 tableaux » que propose aux Montréalais l’abbé Schetagne. Cette production sera présentée au Monument National les 16, 17 et 18 avril 1942, offrant aux spectateurs – si cela était nécessaire – une nouvelle mise en récit des origines héroïques et mystiques de la ville, et surtout, une démonstration qu’elle est demeurée fidèle à sa destinée et l’a accomplie. Symbolisant l’alliance du spirituel et du temporel, le spectacle est placé sous la « présidence conjointe » de monseigneur Joseph Charbonneau et du maire de Montréal, Adhémar Raynault.

Le spectacle de l’abbé Schetagne ne semble pas avoir retenu l’attention des médias de l’époque (un rodéo aurait probablement eu plus de retentissement) qui n’en ont que pour les mille et un événements qui ponctuent la Seconde Guerre mondiale à l’étranger et, surtout, pour le référendum qui aura lieu au pays le 27 avril et qui permettra, s’il est remporté, de libérer le gouvernement fédéral de sa promesse de ne pas avoir recours à la conscription. C’est donc un autre credo qui l’emporte…

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‘’Les Princes de Sorel’’ : analyse du rôle de la famille Simard dans le développement de la ville de Sorel (1909-1965)

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Photo aérienne du complexe de construction navale des Simard à Sorel en 1942 (source: http://www.appeldularge.com/index.php)

C’est non sans fierté que j’informe mes fidèles lecteurs du dépôt final du mémoire de maîtrise d’une de mes étudiantes. Chloé Ouellet-Riendeau a produit un mémoire intitulé « ‘’Les Princes de Sorel’’ : analyse du rôle de la famille Simard dans le développement de la ville de Sorel (1909-1965) » où elle étudie les stratégies et outils utilisés par les trois frères Simard pour s’enraciner à Sorel et y construire, à partir de bien peu de choses, un empire industriel qui connaîtra ses heures de gloire durant la Seconde Guerre mondiale.

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Les trois frères Simard en 1914 (source: Société d’histoire de Sorel)

Le mémoire est un très bel apport à l’histoire des petites et moyennes villes du Québec, mais aussi à leur histoire économique. Le cas des Simard permet notamment d’explorer, au-delà des grandes explications structurelles, le rôle et l’influence d’acteurs individuels (et de leurs réseaux) dans le développement du capitalisme dans les régions du Québec. En voici le résumé:

La ville de Sorel doit attendre le tournant du 20e siècle avant de connaître une croissance importante. L’arrivée des trois frères Simard (Joseph, Ludger et Édouard), entre 1909 et 1932, favorise la croissance des activités économiques soreloises. En effet, la famille Simard de la Baie-Saint-Paul joue un rôle central dans l’implantation, la concentration, la diversification et la modernisation des activités industrielles, commerciales et récréatives de la région. De ce fait, ces fils de navigateur se hissent ainsi parmi les élites économiques canadiennes.

Entre 1909 et 1965, les Simard s’implantent dans une région qui leur est d’abord étrangère. Ces derniers utilisent diverses stratégies afin d’y arriver. D’une part, ils se dotent d’un réseau économique et politique, une ressource primordiale afin d’assurer la relance d’une économique instable et parfois stagnante d’une région ouvrière. D’autre part, ils profitent d’éléments conjoncturels et contextuels afin de contrôler les instances économiques et sociales de Sorel et de sa périphérie. Notamment, les frères Simard profitent du marasme économique des années 1930 pour acquérir des actifs à bas prix et éliminer leurs compétiteurs. Ensuite, ils solidifient leur contrôle principalement grâce à la relance économique engendrée par la Deuxième Guerre mondiale. Cette prise en charge de l’économie locale connaît quelques périodes troubles, comme les grèves de 1937. Cependant, une fois bien positionné en tant que pilier économique de la région, le trio d’entrepreneurs s’implique dans les sphères sociales et culturelles de la communauté ouvrière, assurant davantage leur ancrage et leur position dans cette dernière.

Le texte complet du mémoire est disponible ici.