Au programme cet automne: l’histoire sociale du Québec au 20e siècle

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D’abord, quelques mots sur le retour au travail d’un blogueur infidèle: c’est avec une grande naïveté que j’espère revenir à des contributions plus régulières sur ce blogue qui souffre un peu de négligence. Le trimestre d’automne qui s’amorce est pour moi une période de préparation pour une sabbatique qui commencera le 1er janvier prochain et qui devrait être presque entièrement consacrée à l’écriture. Écriture d’articles certes, mais aussi, je l’espère, de contributions à ce blogue.

Cela dit, avant toute la félicité que laisse entrevoir cette année de ressourcement, il y a encore cette session d’automne, session que j’aborde tout de même avec grand enthousiasme. Cet enthousiasme s’explique en partie par le plaisir que j’espère que j’aurai à enseigner un cours qui en est à sa deuxième mouture (je l’ai donné une première fois en 2011): HST 556 – Histoire sociale du Québec au 20e siècle.

À la question « que serait un Canadien français idéal ? », Lionel Groulx répond dans Les chemins de l’avenir (1964) par une citation qui me servira de point de départ à la réflexion que je propose aux étudiants :

[Ce] serait d’abord un homme. Là réside notre première dignité. Ce serait un homme de culture française, marqué à jamais par quinze siècles d’une invariable tradition d’esprit; tradition pourtant assimilée par un Français d’une certaine variété, un Français du Canada, celui-ci marqué par son pays, par une histoire à part, par cette façon d’être qui fait que l’on est soi et pas n’importe qui. Ce serait aussi, bien entendu, un catholique. Catholique, il le serait, au premier chef, pour les valeurs essentielles de sa foi, mais encore – et je le dis, en dépit des crispations possibles de beaucoup de clercs – parce qu’un Canadien français catholique se relie plus que tout autre aux traditions profondes et authentiques de sa race. Il serait celui qui aurait absorbé, incarné la portion la plus parfaite de l’héritage historique. Et voilà pour lui conférer, dans le monde, dans la mosaïque des peuples, une figure originale.

Dans cette citation, celui qui a été la figure de proue du nationalisme canadien-français de l’entre-deux-guerres choisit d’ignorer les changements profonds que connaît alors la société québécoise. Ce sont ces changements, leur portée et leur ampleur, qui seront au cœur du cours. En explorant l’histoire socioéconomique, politique et culturelle du Québec au XXe siècle, j’espère intéresser les étudiants aux deux grandes mutations que connaît la « Belle province » durant cette période. D’abord, l’avènement d’une modernité urbaine et industrielle qui plonge ses racines dans les dernières décennies du XIXe siècle, mais qui se déploie dans toute sa complexité au cours du suivant. Ensuite, l’importante mutation identitaire que représente le passage du Canada français au Québec, non seulement pour les francophones de la province, mais également pour les autres communautés qui l’habitent. Dans les deux cas, c’est par l’exploration d’un certain nombre de thématiques spécifiques que nous explorerons différentes facettes de ces transformations et certains des débats historiographiques et sociaux qu’elles ont soulevés.

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