Villes et densification. Un mariage de raison ? – Les 5e Rencontres VRM

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Les 5e Rencontres Villes Régions Monde (VRM) constituent une occasion d’échanges entre les chercheurs en études urbaines et la communauté d’acteurs intéressés par l’aménagement et le développement des villes et de leur région. Organisé depuis 2010, l’événement vise à assurer l’animation de la plateforme d’échange et d’apprentissage développée par le réseau VRM et ses partenaires autour de thèmes pertinents tant pour les professionnels des milieux gouvernementaux et associatifs, que pour les universitaires (développement et aménagement urbain, transport et mobilité, patrimoine, etc.).

Cette année, l’événement a pour sujet la densification urbaine, un objectif vers lequel se tournent depuis quelques années une panoplie d’acteurs du milieu urbain. Les environnementalistes y voient, avec raison, une composante majeure du virage vers le développement durable; les politiciens municipaux montréalais, une manière de préserver des assises fiscales fragiles en retenant familles et jeunes professionnels; les promoteurs immobiliers, comme toujours, y voient une belle source de profits. Le 19 avril, le Devoir consacrait justement un beau dossier à cette tendance à vouloir réinvestir la ville en hauteur, tendance qui commence à se faire sentir à Montréal, mais qui est déjà diablement visible à Toronto et Vancouver. Pour ma part, j’y serai pour parler de certaines des résistances auxquelles devront faire face ces acteurs et tout particulièrement du rôle historique de l’idéal suburbain comme frein à la densification urbaine.

Pour plus de détails, je vous invite à consulter la page de l’événement.

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40 ans de recherches en études urbaines – Hommage à Jean-Pierre COLLIN

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Le 14 mai prochain, je participerai à un événement hommage à mon directeur de thèse, Jean-Pierre Collin. Ce sera l’occasion pour moi de revenir sur sa contribution à l’histoire urbaine. Au plaisir de vous y voir.

 

Mercredi, 14 mai 2014
Dès 14 h

INRS-Urbanisation Culture Société
385, rue Sherbrooke Est
Montréal / Local 2109

Le 28 décembre 2013, notre collègue et ami Jean-Pierre COLLIN nous a quittés.

Cet événement a pour objectif de revenir sur la carrière foisonnante de ce chercheur qui, au cours de plus de 40 années passées à l’INRS en tant qu’étudiant, chercheur et professeur, s’est intéressé de différentes manières à la ville et à l’urbain. En faisant un bilan des principales thématiques qu’il a explorées au cours de sa carrière (l’histoire urbaine, la gouvernance, les villes vietnamiennes et la scène musicale indépendante), Harold BÉRUBÉ (Université de Sherbrooke), Laurence BHERER (Université de Montréal), Julie-Anne BOUDREAU (INRS-UCS) et Catherine GINGRAS (INRS-UCS) exposeront ainsi l’état des écrits, l’apport scientifique de Jean-Pierre COLLIN et les pistes qui restent à déchiffrer dans ces quatre domaines.

Cet après-midi de réflexions se clôturera par le lancement de l’ouvrage Représenter l’urbain: Apports et méthodes, ouvrage co-dirigé par Sandra BREUX, Jean-Pierre COLLIN et Catherine GINGRAS, publié aux Presses de l’Université Laval.

Pour consulter le programme de l’événement http://www.vrm.ca/Hommage_JPCollin.asp

Cet événement est gratuit et ouvert à tous, SVP confirmez votre présence à Valérie Vincent (vincentv@ucs.inrs.ca)

Québec, la banlieue et mon jésuite favori

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Pour ceux et celles qui sont dans la vieille capitale, j’y participe à deux activités cette semaine.

D’abord, j’interviendrai mercredi soir à 20h30 à  l’émission 3600 secondes d’histoire, animée par Alex T. Lamarche, sur le thème « Du village à l’agglomération: aux origines de la banlieue ». J’y discuterai de la banlieue comme objet de recherche, de mes travaux sur les banlieues bourgeoises de Montréal (1880-1939) et sur la publicité liée aux banlieues dans les années 1950-1960.

Ensuite, le jeudi midi, je serai conférencier pour un Midi-CIEQ où je présenterai une communication intitulée « Autoportrait du jésuite en citadin: Joseph-Papin Archambault face à l’urbanité du Québec, 1912-1923 ». Vous devriez trouver toute l’information pertinente aux hyperliens proposés.

Au plaisir de vous y voir!

L’inspecteur général dans les écuries d’Augias ? Une perspective historique

Il est difficile de ne pas saluer la nomination de Denis Gallant au poste d’inspecteur général de la Ville de Montréal. Certes, l’incertitude persiste en ce qui a trait à l’étendue exacte de ses pouvoirs et de son indépendance, mais il n’y a pas de doute que sa présence contribuera à l’assainissement des mœurs à l’hôtel de ville. Cela dit, l’histoire de la corruption et de la collusion à Montréal invite à la prudence pour ce qui est des attentes à entretenir quant à la tâche qui attend l’inspecteur : cent ans avant la nomination de Me Gallant, une première croisade réformiste se terminait sur un échec avec l’élection de Médéric Martin à la mairie. C’est un échec qui est riche d’enseignements pour ce qui est de la nature du problème auquel est confrontée Montréal et des solutions à envisager pour le régler.

Un survol de l’histoire de Montréal depuis un siècle donnera l’impression que la ville a quelque chose comme un « penchant pour la corruption », pour citer le maire de Westmount, Peter Trent (Le Devoir, 12 novembre 2012). Rappelons néanmoins qu’au début du 20e siècle, en terme de taille, Montréal est la seule ville de sa catégorie au pays et, encore aujourd’hui, au Québec. Si on se rapporte à une toute autre échelle géographique, on constatera que la métropole est confrontée à des problématiques similaires à celles de ses consœurs du continent.

À partir de la fin du 19e siècle, dans la majorité des grandes villes d’Amérique du Nord, des acteurs provenant en majorité du monde des affaires se rassemblent sous la bannière réformiste pour lutter contre différents maux urbains : la pauvreté, les logements insalubres, le jeu, l’alcool, la prostitution. Ces mouvements ciblent également les gouvernements municipaux qu’ils décrivent, généralement non sans raison, comme archaïques et corrompus. Confrontés aux transformations rapides et radicales que connaissent les principales cités du continent sous l’influence de l’industrialisation et de l’urbanisation, les élus municipaux sont effectivement dépassés et le patronage est souvent utilisé à grande échelle par des politiciens populistes pour embrigader un électorat qui s’est grandement élargi. En plus de mener devant les tribunaux certains de ces politiciens véreux, les réformistes mettent de l’avant différentes réformes des structures politiques municipales qui permettront, du moins en théorie, de purifier les mœurs politiques municipales. Élimination du découpage par circonscription de la carte électorale, renforcement de l’exécutif, gouvernement par commission, nomination d’un directeur général : différentes formules sont mises à l’essai avec des résultats qui varient beaucoup d’une ville à l’autre.

À Montréal, cette mouvance réformiste fait son apparition dès 1886. Composé majoritairement d’anglophones, le mouvement vise d’abord le maire Raymond Préfontaine, qu’on accuse de dépenser des sommes faramineuses dans l’est de la ville, francophone, à des fins électorales. Préfontaine, il faut le souligner, a fait ses classes comme maire de la banlieue d’Hochelaga, qui est annexée à Montréal en 1883 et, d’une certaine façon, ce sont les pratiques politiques de certaines banlieues de l’époque que Préfontaine importe à l’hôtel de ville de Montréal. En quelques mots, il s’agit de politiques ambitieuses et coûteuses de développement qui favorisent à la fois son électorat et les promoteurs fonciers, mais qui entraînent également un endettement considérable. Ce sont d’ailleurs des pratiques très répandues dans le monde municipal, mais alors qu’elles sont assez faciles à dissimuler dans des centres de plus petite taille, elles deviennent beaucoup plus visibles dans une ville de la taille et du budget de Montréal.

Archives de la Ville de Montréal - Serment du maire James John Edmund Guerin. - 10 février 1910. - 1 page (VM6)
Archives de la Ville de Montréal – Serment du maire James John Edmund Guerin. – 10 février 1910. – 1 page (VM6)

Réorganisé à la fin du 19e siècle par Herbert B. Ames, le mouvement réformiste prend de l’ampleur, parvient à attirer un certain nombre de francophones et à prendre plus de poids au conseil municipal. Son candidat à la mairie, James John Edmund Guerin, prend le pouvoir en 1910, dans le sillage de la première grande enquête sur la corruption municipale à Montréal, menée par le juge Lawrence John Cannon. Après quatre années, le bilan de ce premier gouvernement réformiste est pour le moins mitigé. Le Bureau des commissaires qu’il crée pour isoler l’exécutif de l’administratif croule sous le poids de ses responsabilités étendues et le favoritisme renaît rapidement dans les rangs mêmes des réformistes, mais cette fois-ci au profit de l’ouest de l’île, donc de leur électorat. L’opposition, menée par le populiste Médéric Martin, fait campagne avec succès en dépeignant le mouvement réformiste comme une conspiration anglo-saxonne au service de l’ouest de la ville et les chasse du pouvoir en 1914.

L’administration de Martin ne brillera pas par sa grande probité et, dans les décennies qui suivent, élus municipaux, intellectuels, journalistes et citoyens de différents horizons s’attaqueront à leur tour à la problématique de la collusion et de la corruption dans le monde municipal. À la lumière de ce siècle d’histoire, survolé trop rapidement ici, l’idée n’est certainement pas de dire que la nomination de l’inspecteur général est vaine. Soyons plutôt conscient qu’elle devra s’accompagner d’un effort à long terme d’assainissement de la culture politique à l’hôtel de ville qui repose tout autant sur le comportement, au quotidien, des élus municipaux et des fonctionnaires, que sur la nécessaire contribution des citoyens, des médias et du gouvernement provincial à cet effort.

« L’inspecteur général de la Ville de Montréal : le salut vers une ville intègre ? »

Ce vendredi, j’ai le plaisir de participer à un atelier sur la collusion et la corruption à Montréal à l’Université McGill. Je discuterai des rapports parfois un peu tordu, au niveau de la culture politique, entre métropolisation, suburbanisation et corruption.

L’inspecteur général de la Ville de Montréal : le salut vers une ville intègre ?

Suite à son élection à la mairie de Montréal, Denis Coderre veut réaliser son engagement d’une «ville intègre» en créant «un bouclier contre la corruption et la collusion» par le biais de la création du poste «d’inspecteur général, un officier indépendant relevant du conseil municipal et ayant un réel pouvoir de contrainte et d’enquête à la Ville».

Le Gouvernement du Québec a ainsi déposé le 12 février dernier le projet de Loi no. 73 intitulé Loi concernant l’inspecteur général de Montréal afin de créer ce poste. Le 12 février également Me Denis Gallant était proposé pour occupé le poste.

Ce poste est-­‐il véritablement le meilleur «bouclier contre la corruption et la collusion» ?

Comment tirer profit des expériences passées et récentes de corruption à la Ville de Montréal pour établir des balises efficaces à la lutte à la corruption et à la collusion ?

Quels sont les pouvoirs dont disposent la Ville de Montréal en matière de lutte à la collusion et la corruption ?

Quels sens donner aux concepts de collusion et de corruption ?

Que peut-­‐on apprendre des cas des autres villes québécoises et canadiennes ?

Le Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises de McGill (CRIEM) organise deux tables rondes autour de la collusion et de la corruption à Montréal afin de favoriser une compréhension large des enjeux actuels en cause. Un premier panel pour revoir et analyser des expériences historiques et un deuxième panel pour dégager des pistes d’avenir.

Quand : 28 février 2013 à partir de 13h

Lieu : Théâtre Paul-­‐Desmarais, Centre canadien d’architecture, 1920, rue Baile, Montréal.

Inscription obligatoire au https://www.mcgill.ca/centre-­‐montreal/fr https://www.mcgill.ca/centre-­‐montreal/

Programmation

Animation : Daniel Weinstock, Université McGill

13h à 15h

Leçons du passé-­‐Looking back

Marc-­‐Antoine Dilhac, Département de philosophie Université de Montréal (définition et évolution des concepts de collusion et corruption)

Harold Bérubé, Département d’histoire, Université de Sherbrooke (gouvernance de Montréal, perspective historique)

Mathieu Lapointe, chercheur post-­‐doctoral McGill (moeurs, corruption et contexte du Montréal du 20e siècle)

15h30 à 17h30

Visions d’avenir

André Fortier, directeur, Observatoire de l’Administration publique, ÉNAP (Perspective comparée)

Danielle Morin, Service de l’enseignement des sciences comptables, HEC (Nécessité de la création de ce poste selon une perspective administrative)

Mario Paul-­‐Hus, Associé principal, Municonseil (le cadre juridique)

Table ronde : l’oeuvre de l’architecte Joseph Venne

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Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’environnement matériel des villes:

Mercredi 12 février à 18 h 30, à l’Écomusée du fier monde

Montréal, le mardi 4 février 2014.- À la suite de la publication de l’ouvrage Sur les traces de Joseph Venne aux éditions du Septentrion, l’Écomusée du fier monde organise une table ronde autour de l’œuvre de l’architecte. La vie et la carrière de Venne, son style architectural ainsi que son importance pour la profession d’architecte seront abordés. Cet événement gratuit se déroule dans le cadre du 25e anniversaire de Septentrion. Assistez à cette soirée le mercredi 12 février 2014, à 18 h 30, à l’Écomusée du fier monde.

Joseph Venne (1858-1925)

Né en 1858 dans le quartier Sainte-Marie où il habitera sa vie durant, Joseph Venne a participé à la construction de près de 150 édifices, dont plusieurs églises et bâtiments religieux parsèment le Québec, le Canada et la Nouvelle-Angleterre. Il a concouru à la construction d’édifices civils, dont la Banque du Peuple et le Monument National. Innovateur technique et citoyen engagé, il a contribué à la rédaction du premier code du bâtiment de la ville de Montréal. Il a collaboré à la fondation de l’Association des architectes de la province de Québec et de l’Institut d’architecture du Canada. Pas étonnant que le journal La Presse l’ait désigné parmi les personnalités qui ont pris part à l’édification de Montréal à l’ère de la révolution industrielle.

Table ronde autour de son œuvre

La table ronde débutera par un rappel du parcours de Joseph Venne et de son engagement, dans le contexte socio-économique des années 1850 aux années 1920. L’exemple de l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End permettra d’aborder la notion d’éclectisme et d’illustrer les modèles et les sources d’inspiration de Venne. Son rôle dans la création de l’Association des architectes de la province de Québec et dans la professionnalisation du métier sera expliqué.

Intervenants :

– Soraya Bassil, chargée de projet en patrimoine et en muséologie, chargée de cours à l’UQAM dans le cadre du DESS en architecture moderne et patrimoine, et co-auteure du livre Sur les trace de Joseph Venne, architecte (1858-1925)

– Jacques Lachapelle, membre de l’Ordre des architectes du Québec, historien de l’architecture spécialisé en architecture québécoise, professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université de Montréal et président du Conseil du patrimoine de Montréal

– André Bourassa, architecte et ancien président de l’Ordre des architectes du Québec

Mercredi 12 février 2014, de 18 h 30 à 20 h
Activité gratuite
Réservations : 514 528-8444 ou info@ecomusee.qc.ca
Cliquez ici pour consulter la page de l’événement

Écomusée du fier monde
2050, rue Amherst (angle Ontario)
Métro Berri-UQAM
ecomusee.qc.ca

La publication Sur les traces de Joseph Venne est disponible en librairie et aux éditions du Septentrion.

Joyeux anniversaire John A.

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu passer, voici l’introduction d’un petit essai historiographique que j’ai écrit pour le site web de la revue Argument:

Le 11 janvier dernier était le 199e anniversaire de naissance d’un des « Pères de la Confédération » : John A. Macdonald. C’est essentiellement par l’entremise de Twitter que j’ai pris connaissance de l’événement qui, de manière assez peu surprenante, n’a fait que très peu de vagues dans les médias québécois ou dans la communauté historienne de la province. Du côté du Canada anglais, cet anniversaire a toutefois suscité bien des réactions. D’une part, historiens et intellectuels de différents horizons se sont prononcés sur le personnage qui orne encore aujourd’hui les billets de 10$. Le lecteur intéressé en verra de toutes les couleurs. Si la majorité des commentateurs se gardent de célébrer naïvement l’héritage complexe de Macdonald, le ton utilisé varie grandement. Par exemple, alors que l’historien Don Smith invite à un examen pondéré de l’attitude du premier ministre face aux autochtones (« Sir John A.’s relationship with aboriginals needs a closer look », Globe and Mail, 11 janvier 2014), l’historien Timothy Stanley ou la blogueuse Nora Loreto voient plutôt en Macdonald un suprémaciste blanc aux visées génocidaires (« From #sirJAM to the National Post: Racist historical myths live on », Rabble.ca). Même le biographe de Macdonald, l’ancien journaliste Richard Gwyn, y va d’un mélange de qualificatifs ambigu pour décrire un homme qu’il admire visiblement: « devious, astute, manipulative, resilient, clever, daring » (« Confederation’s true father? John A. Macdonald », Globe and Mail, 3 janvier 2014). Quant à l’historien Alastair Sweeny, il considère que Macdonald, « our beloved whisky-sodden first prime minister », était un acteur relativement mineur dans les événements qui menèrent à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (« Confederation’s true father? George-Étienne Cartier », Globe and Mail, 3 janvier 2013). D’autre part, le 199e anniversaire du premier ministre conservateur a été souligné de manière moins polémique dans le cadre de différents événements commémoratifs officiels, incluant la mise en ligne d’une nouvelle « Minute du patrimoine », qui met en relief de manière spectaculaire tous les défauts de cette formule qui javellise et simplifie l’histoire de manière parfois grotesque. Ces événements représentent autant de répétitions de ce qui nous attend l’année prochaine. On peut ainsi supposer que son 200e anniversaire suscitera des réactions similaires: désintérêt au Québec, controverses historiennes autour de l’ambiguïté de son héritage au Canada anglais, célébrations commémoratives d’un océan à l’autre (gracieuseté d’un généreux financement fédéral) faisant fi de cette complexité pour mythifier le personnage.

Je vous invite évidemment à allez en lire la suite!