Montréal 1642-1942: 11 janvier 1942

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C’est toujours sous le signe de la croix que les fêtes du tricentenaire se poursuivent le 11 janvier 1942, à l’occasion de la fête de la Sainte-Famille. Elles quittent toutefois le centre-ville de Montréal pour se déplacer à Villeray. C’est dans l’église Notre-Dame-du-Rosaire qu’aura lieu la consécration de l’île de Montréal à la Sainte Famille.

Fait intéressant, à la prévisible assemblée de dignitaires religieux de différents horizons s’ajoutent maires et représentants des différentes municipalités de l’île: le maire-suppléant de Montréal (le maire Raynault est alors en voyage aux États-Unis), le maire W.A. Merrill de Westmount, l’échevin Maurice Duquette de Verdun, le maire E. Fortin de Pointe-aux-Trembles, le maire Edgar Leduc de Lachine, le maire-suppléant d’Outremont Owen J. Callary, le maire R. Fortin de Rivière-des-Prairies, le maire J.-E. Robillard de Sainte-Anne-de-Bellevue, le conseiller E. Laberge de Senneville et le maire A. Désy de Montréal-Nord. Ce sont donc les autorités municipales qui sont appelées, sous le regard des autorités religieuses du diocèse, à renouveler cette consécration de l’île à la Sainte-Famille faite d’abord par les fondateurs de la ville en février 1642 à l’église Notre-Dame-de-Paris.

Le sermon que propose le père jésuite Émile Bouvier à cette occasion synthétise bien l’angoisse et le désarroi que vit alors une bonne partie du clergé  face aux transformations que connaît la société québécoise durant cette période mouvementé:

Dans le domaine des convictions et des idées, on accepté avec moins d’hésitation la désertion, le vide des foyers: en économique, le progrès de l’industrie et la sécurité des finances passent avant la richesse vivante des berceaux et la sécurité des foyers; en législation, les lois d’assistance et les lois fiscales ne connaissent plus la stabilité du foyer et la beauté de la famille nombreuse. Que l’on s’en prenne si l’on veut au développement rapide la métropole, à l’influence d’un voisin imbu du culte de la matière et du rendement, à une immigration trop facile et mal choisie ou encore à la tension d’une longue crise de dix années; mais avant tout que l’on accuse la légèreté d’un grand nombre de pères et de mères de famille, la faiblesse politique dans la conduite des gommes permettant lâchement à des profiteurs sans conscience de saccager une institution aussi sainte que la famille.

Et encore:

On transforme le mariage en roman de complices qui, sous prétexte de beauté à préserver et de vie libre à vivre, trahissent misérablement les beautés du mariage chrétien. Pour y arriver plus sûrement, on attaque la fidélité conjugale par la suggestion du mariage temporaire, du mariage amical et du compagnonnage moderne. On pousse la femme à votre au dehors: les imprimés, les images, les revues, les affiches, les panneaux, le cinéma, le théâtre exercent une force d’attraction irrésistible.

Bref, cette consécration est moins une occasion de célébrer que de rappeler les familles montréalaises à l’ordre…

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