Montréal 1642-1942: 6 janvier 1942

2017-02-06-08-31-21

Le 6 janvier 1942, suivant d’aussi près que possible les pas de leurs héroïques devanciers, les membres de la commission du tricentenaire se rendent au pied de la Croix du mont Royal pour rendre hommage aux fondateur de la ville qui, le 6 janvier 1643, gravirent la montagne pour y poser et y bénir une croix de bois transportée là par Maisonneuve lui-même. En 1643, une messe fut célébrée à cette occasion. Modeste, le secrétaire des fêtes Héroux précise que comme « il ne convenait guère de faire montre d’héroïsme, il fut décidé qu’une bénédiction du Saint-Sacrement suffirait ».

La jeunesse continue à jouer un rôle central dans les célébration et, cette fois-ci, c’est l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française (ACJC) qui se charge de l’organisation de l’événement.

C’est tout un cortège qui quitte le Séminaire de Philosophie, au coin de la rue des Cèdres et de la Côte-des-Neiges, cet après-midi là:

Les drapeaux de l’ACJC, de la JOC et de plusieurs clubs de raquetteurs flottaient à l’avant; quelques Peaux-Rouges « alliés » [que l’on aperçoit dans la photo ci-dessus] marchaient selon les caprices sauvages; « Maisonneuve » portait la croix, suivi de « Jeanne Mance et de « Marguerite Bourgeoys » – qui méritaient bien de figurer ici pour avoir relevé la croix en 1653 – ainsi que de « Madame de la Peltrie » et des « Français ».

Outre les figures de ce théâtre historique, on retrouve l’habituelle délégation de représentants du pouvoir civil et religieux, bien emmitouflés dans leurs manteaux. Une fois arrivés au sommet, un autel décoré du fleurdelisé et du drapeau de Sacré-Coeur les attend. Quelques centaines de spectateurs sont là pour entendre des chants religieux et nationalistes (du « O Crux, ave » au « Ô Canada »), puis les discours d’usage prononcés, cette fois-ci, par le président de l’ACJC, Paul Leblanc, et par le maire Raynault. Ce dernier, dans son allocution, tâche de marier plus ou moins habilement les différentes facettes de l’identité montréalaise auxquelles il faut rendre hommage:

[Les] fondateurs de notre ville nous avaient donné un exemple bien précieux que nous n’avons pas le droit d’oublier, lorsqu’en posant comme premier geste la plantation d’une croix, ces valeureux pionniers nous faisaient savoir de tout évidence, à ce moment-là, que notre ville, tout en aspirant légitimement à un développement industriel, commercial, devait mettre au premier plan de sa valeur sociale et de son prestige, sa foi vécue et son culte religieux.

Modernité et télécommunications obligent, au même moment, Victor Morin prend la parole sur les ondes de la radio pour rappeler aux auditeurs, lui aussi, le geste posé par de Maisonneuve et ses associés en 1643.

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