Montréal 1642-1942: 15 octobre 1941

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Les pages 2 et 3 de La Patrie du 16 octobre 1941, de Montréal à Moscou…

Je n’ai pas encore commencé que j’ai déjà plusieurs mois de retard. En effet, les organisateurs des fêtes du tricentenaire choisissent d’inaugurer les célébrations le 15 octobre 1941 pour souligner le 300e anniversaire de la première visite des fondateurs de Montréal sur le futur site de Ville-Marie. On est alors à un des moments les plus sombres de la guerre pour les Alliés. La France est défaite depuis le printemps précédent, les Allemands avancent inexorablement sur le front est, menaçant Moscou et n’ayant pas encore goûté à l’hiver russe, les Américains demeurent en marge du conflit, la Grande-Bretagne s’appuie sur ses Dominions pour résister aux pressions allemandes dans les airs et sur (et sous) les mers. Qu’à cela ne tienne, on fêtera le tricentenaire de Montréal.

L’événement a lieu sur la Place Royale du Vieux Montréal, devant le monument des pionniers. Comme le résume Jean-P. Héroux, le secrétaire de la Commission du Troisième Centenaire de Montréal (CTCM): « Le coin de terre le plus sacré et le plus cher pour des coeurs de Montréalais allait revoir les chefs religieux et civils poser le premier acte officiel du IIIe Centenaire. » En vedette de ces premières manifestations des fêtes, on retrouve en effet Monseigneur Joseph Charbonneau et le maire Adhémar Raynault. Est également présent le consul de la France de Vichy, Henri Coursier (on ne manque pas d’évoquer cette présence française dans La Patrie).

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Trois conférenciers se succéderont au micro. C’est l’archevêque Charbonneau qui ouvre le bal avec un rappel des faits historiques qui donne bien le ton. Parlant des fondateurs de Montréal, il explique: « Que venaient-ils faire? Obéissaient-ils tout simplement au goût de l’aventure, à l’appât des richesses? L’histoire nous fournit la réponse. Elle nous dit que quelques temps auparavant, M. de la Dauversière et M. Olier avaient fondé la Société de Montréal. Elle nous rappelle encore que cette société groupait des chrétiens de haute valeur morale, unis dans une intention éminemment apostolique: fonder en l’île de Montréal, une chrétienté capable de rivaliser de ferveur avec l’Église primitive. »

Le recteur de l’Université de Montréal, Monseigneur Olivier Maurault, poursuivra dans le même sens, insistant sur la témérité des fondateurs face aux appels à la raison que l’on oppose alors à leur projet et reprenant la fameuse citation de Maisonneuve: « Je ne suis pas venu pour délibérer, mais bien pour exécuter; et tous les arbres e l’île de Montréal seraient-ils changés en autant d’Iroquois, il est de mon devoir et de mon honneur d’aller y établir une colonie. »

Les remerciements qu’adresse ensuite le maire Raynault aux participants semblent avoir beaucoup moins intéressés le secrétaire Héroux, mais il souligne l’intervention de Paul Leblanc, président général de l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française. Ce dernier insiste sur le fait que la fondation de Ville-Marie fut « une oeuvre de jeunes », et que la jeunesse, à toute époque, « s’est vu confier de grandes missions ». Au sortir de la crise économique des années 1930, en plein conflit mondial et à l’aube d’un nouvel affrontement relatif à la conscription, cet appel à la jeunesse n’est pas sans intérêt.

 

 

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