Parution de Mens vol. XV, no. 2

Capture d’écran 2016-04-12 à 12.16.09

L’histoire intellectuelle et littéraire du Canada français aux XIXe et XXe siècles sont à l’honneur dans cette nouvelle livraison de Mens. Revue d’histoire intellectuelle et culturelle.

Jean-Philippe Carlos analyse le rapport qu’ont entretenu les revues d’idées de droite des années 1950 et 1960 avec la question de l’indépendance du Québec. Basée sur un corpus de publications encore peu exploité par les historiens, son étude met au jour les recompositions à la fois structurelles et idéologiques du réseau intellectuel traditionaliste qui, après une période faste sous le régime duplessiste, a été mis à rude épreuve par les changements sociologiques et politiques rapides de la Révolution tranquille. Devant la montée de l’État national québécois et la réappropriation du (néo)-nationalisme par les forces de gauche, les revues d’orientation traditionaliste ont été amenées, non sans essuyer certains revers, à adapter leurs discours à la faveur d’un nouvel idéal, celui de la souveraineté politique.

Guy Gaudreau et Micheline Tremblay s’attachent, pour leur part, à retracer le destin particulier du roman Juana, mon aimée de Harry Bernard, depuis ses premières versions à la fin de l’automne 1930, en passant par sa promotion dans l’espace public ; les discussions qu’il a suscitées dans certaines correspondances privées ; sa consécration attestée par l’obtention d’un prix David en 1932; jusqu’à sa réception critique dans les recensions. Œuvre oubliée du répertoire canadien-français, son importance ne s’en trouve pas diminuée pour autant, à la fois en raison de sa structure narrative novatrice et grâce à l’éclairage particulier qu’il offre de la situation de l’institution littéraire canadienne-française durant l’entre-deux-guerres.

Suit un article signé par Vincent Lambert qui propose, dans une visée synthétique, une brève histoire de l’anticléricalisme dans la littérature québécoise depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’aux années 1960. À rebours d’une perception par trop simpliste du fait religieux qui ferait de toute proposition anticléricale son antithèse et soucieux de sonder le versant réformateur du catholicisme, Lambert œuvre pour une compréhension plus nuancée, complexe et circonstanciée du phénomène anticlérical. Son propos fait ressortir l’un des fils conducteurs de la critique canadienne-française du cléricalisme qui, depuis Louis-Antoine Dessaulles jusqu’à Paul-Émile Borduas, en passant par Louis Fréchette, Arthur Buies et Jean-Charles Harvey, a consisté à confronter l’Église sur son propre terrain en plaidant pour une séparation entre le sentiment religieux et l’institution cléricale.

Bonne lecture !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s