« Un petit examen de conscience » : Joseph-Papin Archambault et la reconquête linguistique de Montréal (1912-1922)

2016-05-19 09.18.26

Vous trouverez, dans le dernier numéro du Bulletin d’histoire politique, l’article que j’ai co-écrit avec Olivier Lemieux sur les efforts faits, entre 1912 et 1922, par le jésuite Joseph-Papin Archambault pour défendre la place du français dans l’espace public montréalais, une question qui demeure terriblement d’actualité. En voici l’introduction:

Le 16 mars 1912, le journal Le Devoir publie la lettre d’un dénommé Pierre Homier. Intitulé « La langue française et le commerce. Un petit examen de conscience », le texte dénonce l’indifférence des Canadiens français quant à la place de leur langue dans l’espace public – tout particulièrement dans le commerce et l’industrie – et les invite à se mobiliser afin de renverser la situation. Derrière ce pseudonyme se cache le jeune jésuite Joseph-Papin Archambault, qui poursuivra cette entreprise dans les pages du Devoir jusqu’en juin 1913, puis la reprendra sur une base mensuelle, entre 1917 et 1922, dans L’Action française. Dans cet article, notre intention est de revisiter ces textes et de nous attarder non seulement aux idées qui y sont articulées et transmises, mais également à la façon dont elles sont véhiculées. En d’autres mots, à quel type de prise de parole avons-nous affaire ? Quelles fonctions joue le masque derrière lequel se cache le jésuite ? Comme nous espérons le démontrer, derrière le pseudonyme Pierre Homier, Archambault est en mesure de se distinguer des discours et écrits sur la langue française de l’époque (incluant certains de ses propres textes) et de s’attaquer à cette question sous un angle original, mettant de l’avant des gestes concrets, et à première vue banals, s’inscrivant dans la vie de tous les jours. Ce pseudonyme lui permet aussi et surtout de se distancier de son rôle comme membre de la Compagnie de Jésus, et de prendre les traits d’un personnage mieux à même de s’adresser aux élites économiques canadiennes-françaises qu’il vise d’abord et avant tout lorsqu’il prend la plume en 1912.

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